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De l’hégémonologie

HOEL


La domination française (Hoel)

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Ce site se donne pour objectif d’expliquer ce qu’est le pouvoir, ce que sont les rapports de domination, les hégémonies — qu’elles soient linguistiques, culturelles, politiques, économiques, les unes s’ajoutant souvent aux autres — , ce qu’est le suprématisme et quelles sont les puissances suprématistes.

Il s’inscrit dans la tradition de la philosophie, faisant siens les apports des philosophes depuis Socrate, Platon, Aristote, …, jusqu’aux philosophes contemporains, en passant par Kant, Hegel, Schopenhauer, Nietzsche, etc.

S’il n’existe pas de science qui se donne explicitement pour objet principal d’étude la domination — une telle science pourrait s’appeler l’hégémonologie —, il existe cependant des disciplines qui font de certaines formes de domination une part centrale de leur champ d’investigation. Ces disciplines sont :

  • les Postcolonial Studies
  • les Subaltern Studies
  • les Cultural Studies

POSTCOLONIAL STUDIES

Un des auteurs à l’origine des Postcolonial Studies est Edward Said, lui-même inspiré par des penseurs tels qu’Antonio Gramsci, Theodor Adorno et Michel Foucault. Voici les principaux livres d’Edward Said :

Joseph Conrad and the Fiction of Autobiography (1966)

Beginnings: Intention and Method (1974)

Orientalism (1978)

The World, the Text, and the Critic (1983)

Nationalism, Colonialism, and Literature: Yeats and Decolonization (1988)

Culture and Imperialism (1993)

Representations of the Intellectual: The 1993 Reith Lectures (1994)

Humanism and Democratic Criticism (2004)

“HÉGÉMONIE CULTURELLE”

Antonio Gramsci (1891-1937) était un théoricien et politicien “néo-marxiste” italien. Il est l’auteur des Quaderni del carcere (Cahiers de prison), écrits entre 1929 et 1935, période durant laquelle il fut incarcéré par le régime de Mussolini. Dans ces Cahiers, qui abordent un grand nombre de sujetsil développe la notion d’hégémonie, et en particulier celle d’hégémonie culturelle.

“THÉORIE CRITIQUE”

Theodor W. Adorno (1903-1969) était un juif-allemand appartenant à l’École de Frankfort, une école de critique sociale. Il était philosophe, et également compositeur et musicologue.

Faisaient aussi partie de l’École de Frankfort : Walter Benjamin, Max Horkheimer, Herbert Marcuse et Erich Fromm.

…to liberate human beings from the circumstances that enslave them…

Horkheimer

…libérer les êtres humains des circonstances qui les asservissent…

“Critical Theory has a narrow and a broad meaning in philosophy and in the history of the social sciences. “Critical Theory” in the narrow sense designates several generations of German philosophers and social theorists in the Western European Marxist tradition known as the Frankfurt School. According to these theorists, a “critical” theory may be distinguished from a “traditional” theory according to a specific practical purpose: a theory is critical to the extent that it seeks human “emancipation from slavery”, acts as a “liberating … influence”, and works “to create a world which satisfies the needs and powers” of human beings (Horkheimer 1972, 246). Because such theories aim to explain and transform all the circumstances that enslave human beings, many “critical theories” in the broader sense have been developed. They have emerged in connection with the many social movements that identify varied dimensions of the domination of human beings in modern societies. In both the broad and the narrow senses, however, a critical theory provides the descriptive and normative bases for social inquiry aimed at decreasing domination and increasing freedom in all their forms.”

Stanford Encyclopedia of Philosophy

« La Théorie Critique a un sens étroit et un sens large en philosophie et dans l’histoire des sciences sociales. « Théorie Critique » au sens strict désigne plusieurs générations de philosophes et théoriciens sociaux allemands dans la tradition marxiste européenne occidentale connues comme l’École de Francfort. Selon ces théoriciens, une théorie « critique » peut être distinguée d’une théorie « traditionnelle » d’après un objectif pratique spécifique : une théorie est critique dans la mesure où elle vise, pour l’être humain, à son « émancipation de l’esclavage », agit comme une « influence … libérante » et travaille « à créer un monde qui satisfait les besoins et pouvoirs » des êtres humains (Horkheimer 1972, 246). Parce que ces théories visent à expliquer et à transformer toutes les circonstances qui asservissent les êtres humains, de nombreuses « théories critiques » au sens large ont été développés. Elles ont émergé en relation avec les nombreux mouvements sociaux qui identifient les diverses formes de la domination des êtres humains dans les sociétés modernes. Dans son sens large comme dans son sens étroit, cependant, une théorie critique fournit les bases descriptives et normatives de la recherche sociale visant à diminuer la domination et à accroître la liberté sous toutes leurs formes. »

Introducing the Frankfurt School

From Critical Theory to Postmodernism – Foucault, Horkheimer and Adorno

‘Grand Hotel Abyss’: Life among the original anti-consumerists

“SCIENTIA POTENTIA EST”

Michel Foucault (1926-1984) est un philosophe français qui s’est beaucoup intéressé au pouvoir, à la construction des savoirs, et au rapport entre les deux.

La relation entre “pouvoir” et “savoir” a été formulée dans cette phrase latine : Scientia potentia est (Knowledge is Power : Le savoir est un pouvoir), que l’on fait remonter à Francis Bacon (1561-1626) et Thomas Hobbes (1588–1679). Elle se trouve telle quelle dans le Leviathan (1651) (qui contient également une théorie du “contrat social”).

Scientia potentia est

Foucault a été titulaire, de 1970 à 1984, d’une chaire au Collège de France qui portait pour titre : “Histoire des systèmes de pensée”.

“Lire Foucault”

“Lors de la rédaction de sa thèse, Histoire de la folie à l’âge classique, Foucault avait abordé la question de la raison et de son histoire. Au lieu de penser l’homme occidental comme porteur d’une rationalité universelle, il le conçoit comme produit combiné d’une histoire concrète et de savoirs qui s’élaborent et se « vérifient » dans des institutions répressives. C’est alors la mise à l’écart de populations fort diverses qui en résulte, toutes rassemblées au sein de l’hôpital général, qui en organise l’exclusion sociale et la répression : pauvres, vagabonds, débauchés, homosexuels, fous, etc. Pour Foucault, l’attention portée à ces formes d’exclusion, jusque-là restées dans l’ombre, contrebalance l’analyse marxienne des classes. La question du pouvoir comme souci de l’ordre, en tant qu’il n’est pas nécessairement ou pas directement relié à des enjeux économiques, l’amène à une redéfinition des luttes et des résistances qu’il suscite. […]

…le féminisme, le colonialisme et le néocolonialisme, l’exclusion et la domination, distinguées de l’exploitation, sont des thématiques militantes en réalité largement absentes de la réflexion foucaldienne.”

Isabelle Garo

http://www.revue-ballast.fr/lire-foucault/

Aux Etats-Unis a été imaginée, dans les années 1980, une French Theory à partir d’un nombre assez important d’intellectuels français, dont Foucault fait partie.

French Theory

DÉCONSTRUCTION

Un autre philosophe important inclus dans la French Theory est Jackie Élie Derrida, connu notamment pour son concept de déconstruction, inspiré par les mots allemands Destruktion et Abbau, qu’utilise Heidegger dans Sein und Zeit (Être et Temps) :

“Tous les deux signifiaient dans ce contexte une opération portant sur la structure ou l’architecture traditionnelle des concepts fondateurs de l’ontologie ou de la métaphysique occidentale. Mais en français le terme « destruction » impliquait trop visiblement une annihilation, une réduction négative plus proche de la « démolition » nietzschéenne, peut-être, que de l’interprétation heideggerienne ou du type de lecture que je proposais. Je l’ai donc écarté. Je me rappelle avoir cherché si ce mot « déconstruction » (venu à moi de façon apparemment très spontanée) était bien français.”

Derrida – Psyché. Inventions de l’autre

Deconstruction: An American Tale

Derridex

HÉGÉMONIE – DOMINATION – IMPÉRIALISME

Le mot “hégémonie” vient du grec ἡγεμονία, qui signifiait à l’origine “action de guider”, puis “direction”, “autorité”, “prééminence”, et finalement “suprématie politique”. Le mot latin “dominatio” possède des sens similaires : “autorité”, “souveraineté”, “domination”, “pouvoir absolu”, “tyrannie”, “despotisme”. Un autre mot latin pour exprimer les mêmes idées est le mot “imperium” (“empire”), d’où vient le mot “impérialisme”.

“GUERRE SILENCIEUSE”

Ce qu’ont étudié les auteurs cités précédemment, ce n’est pas l’hégémonie (la domination, ou encore l’impérialisme) qui s’exerce militairement, par les armes, mais celle qui s’exerce sans ou en complément des armes proprement militaires. Cette hégémonie peut s’imposer par l’économie, la culture, la langue, le système scolaire, les media, une idéologie, des procédés rhétoriques, etc. L’hégémonie, de fait, ne rechigne devant rien pour s’exercer, tout lui est bon et elle n’a pas de scrupules. Mais elle sera d’autant plus efficace dans la durée qu’elle sera masquée, demeurerant invisible ou peu visible pour les dominés.

“La domination ne peut cependant pas s’imposer uniquement par la coercition matérielle. Celle-ci ne représente (après la conquête) que l’appoint nécessaire pour compléter l’action des forces morales que l’on a su mettre en jeu. Pour donner à cette vérité élémentaire une forme algébrique, nous dirons que R représentant la capacité de résistance des indigènes, M et m les forces matérielles et morales utilisées par le vainqueur,

R = M + m.”

Léopold de Saussure

« La théorie du droit a essentiellement pour rôle, depuis le Moyen Âge, de fixer la légitimité du pouvoir : le problème majeur, central, autour duquel s’organise toute la théorie du droit est le problème de la souveraineté. Dire que le problème de la souveraineté est le problème central du droit dans les sociétés occidentales, cela signifie que le discours et la technique du droit ont eu essentiellement pour fonction de dissoudre, à l’intérieur du pouvoir, le fait de la domination, pour faire apparaître à la place de cette domination, que l’on voulait réduire ou masquer, deux choses : d’une part, les droits légitimes de la souveraineté et, d’autre part, l’obligation légale de l’obéissance. […]”

Michel Foucault – Il faut défendre la société (Cours du 14 janvier 1976)

“…les rapports de pouvoir, tels qu’ils fonctionnent dans une société comme la nôtre, ont essentiellement pour point d’ancrage un certain rapport de force établi à un moment donné, historiquement précisable, dans la guerre et par la guerre. Et, s’il est vrai que le pouvoir politique arrête la guerre, fait régner ou tente de faire régner une paix dans la société civile, ce n’est pas du tout pour suspendre les effets de la guerre ou pour neutraliser le déséquilibre qui s’est manifesté dans la bataille finale de la guerre. Le pouvoir politique, dans cette hypothèse, aurait pour rôle de réinscrire perpétuellement ce rapport de force, par une sorte de guerre silencieuse, et de le réinscrire dans les institutions, dans les inégalités économiques, dans le langage, jusque dans les corps des uns et des autres.”

Michel Foucault – Il faut défendre la société (Cours du 7 janvier 1976)

L’ASSIMILATION

                                                                                                    …toutes les puissances se sont plu à entourer de l’auréole d’une mission civilisatrice les violences de la conquête.

Destruction des “institutions”, des “croyances” et des “langues” des indigènes

« Les races conquérantes les plus habiles ont compris la nécessité de ne pas heurter les croyances de leurs sujets et de respecter leurs institutions. Les Français, au contraire, essayent de transformer les sociétés indigènes avant même d’avoir assis leur conquête. Ils professent que les institutions, les croyances, les langues même, entretiennent l’hostilité des indigènes contre le nouvel état de choses, et que pour obtenir leur sympathie ou leur résignation, il n’y a qu’une méthode efficace : l’assimilation. »

…but, mais surtout … moyen de [la] domination

“Pénétrée de cette idée consacrée par la Révolution, qu’il existe une formule absolue pour faire le bonheur des peuples, formule indépendante des temps et des lieux, la France s’attribue la mission d’en hâter l’avènement chez ses sujets. Elle est persuadée que sa gloire et ses intérêts sont également liés à la réalisation de cet idéal et l’assimilation morale des races les plus hétérogènes sur lesquelles elle a étendu sa souveraineté lui apparaît non seulement comme le but, mais surtout comme le moyen de sa domination. […] l’assimilation reste le but constant de nos efforts.”

Léopold de Saussure

DELLA RAGIONE DI STATO

“Giova anco introdurre la lingua nostra ne’ paesi acquistati, il che fecero per eccellenza i Romani et hanno fatto in gran parte dell’Africa e della Spagna gli Arabi, e ciò fece anco, sono cinquecento anni, Guglielmo, duca di Normandia, nell’Inghilterra. Or, per introdurre la lingua nostra, sarà a proposito che le leggi si scrivano in essa, e che’l prencipe e gli ufficiali diano udienza nella medesima, e così l’espeditioni de’ negotii, le commissioni, le lettere, patenti, e le altre cose tali.” […]

« Il convient aussi d’introduire notre langue dans les pays conquis, ce que firent par excellence les Romains et ont fait dans une grande partie de l’Afrique et de l’Espagne les Arabes, et ce que fit encore, il y a cinq cents ans, Guillaume, duc de Normandie, en Angleterre. Et, pour introduire notre langue, il sera à propos que les lois soient écrites avec elles, et que le prince et les officiers donnent audience dans la même, et ainsi l’exposition des magasins, les commissions, les lettres, les licences, et les autres choses de cette sorte. » […]

“Guglielmo duca di Normandia, avendo acquistato il regno d’Inghilterra, per avvilir quelle genti mutò tutti gli ufficiali e diede agl’Inglesi nuove leggi in lingua normanda, affinché si conoscessero per sudditi d’altra natione e, con la novità delle leggi e della lingua, mutassero anco animo e pensiero.”

« Guillaume, duc de Normandie, ayant conquis le royaume d’Angleterre, pour humilier ces gens, changea tous les officiers et donna aux Anglais de nouvelles lois en langue normande, afin qu’ils se connussent comme sujets d’une autre nation et, qu’avec la nouveauté des lois et de la langue, ils modifiassent aussi leur esprit et leur pensée. »

Giovanni Botero – Della Ragione Di Stato (De la Raison d’Etat), Venise (1589)

La domination française, telle que résumée par Léopold de Saussure (destruction des “institutions”, des “croyances” et des “langues” des indigènes), avant d’aller se répandre au delà des mers, s’est exercée (et continue de s’exercer) envers la Bretagne. Elle avait été remarquablement dénoncée, en 1831, par un Nantais, préfet du Morbihan, Édouard Lorois :

“Je suis Breton et j’éprouve une vive sympathie pour tout ce qui peut conserver notre nationalité. Je sais que les principes généraux des Gouvernements sont de combattre l’esprit de province et d’effacer, autant que possible, les divisions résultantes des différences de langage. Mais une langue vivante est un peuple. Faire mourir une langue, c’est faire disparaître une individualité de la famille des nations ; c’est détruire un système d’entendement, un caractère national, des mœurs, une littérature. La philosophie et la morale condamnent également cette espèce de meurtre.”

Elle avait été dénoncée encore plus tôt, le 8 janvier 1790, devant la toute nouvelle “Assemblée nationale française”, par un magistrat de la chambre des vacations de Rennes, La Houssaye, qui était venu rappeler que :

Les corps ont des privilèges, les nations ont des droits.

J’ai publié un livre, La domination française, dont l’objectif est de faire comprendre cette domination, qui n’est pas reconnue, qui n’est pas assumée comme telle, qui n’est en conséquence même pas nommée et reste dissimulée sous des effets de langage. Le livre se veut aussi une introduction à la philosophie, à la littérature, à l’histoire et aux sciences humaines en général.

La domination française

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Les fondements théoriques de la “république française” sont exposés dans un Rapport de l’abbé Grégoire que ce dernier a présenté devant l’assemblée nationale française en 1794 : Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française.

Si le titre ne renvoie qu’à la “problématique” linguistique, en annonçant on ne peut plus explicitement le programme, c’est toute une conception de la société et de la politique qui y est développée :

“…pour extirper tous les préjugés, développer toutes les vérités, tous les talens, toutes les vertus, fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme & faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage.”

Ce Rapport de 1794 a été réactualisé par un intellectuel français, Régis Debray, dans un texte intitulé “Etes vous démocrate ou républicain ?“, texte publié dans le Nouvel observateur du 30 novembre 1989. Voici un extrait :

« L’idée universelle régit la république. L’idée locale régit la démocratie. Ici, chaque député l’est de la nation entière. Là, un représentant l’est de sa seule circonscription, ou « constituency ». La première proclame à la face du monde les droits de l’homme universel, que personne n’a jamais vu. La seconde défend les droits des Américains, ou des Anglais ou des Allemands, droits déjà acquis par des collectivités bien limitées mais réelles. Car l’universel est abstrait et le local concret, ce qui confère à chaque modèle sa grandeur et ses servitudes. La raison étant sa référence suprême, l’État en république est unitaire et par nature centralisé. Il unifie par-dessus clochers, coutumes et corporations les poids et mesures, les patois, les administrations locales, les programmes et le calendrier scolaires. La démocratie qui s’épanouit dans le pluriculturel est fédérale par vocation et décentralisée par scepticisme. « A chacun sa vérité », soupire le démocrate, pour qui il n’y a que des opinions (et elles se valent toutes, au fond). « La vérité est une et l’erreur multiple », serait tenté de lui répondre le républicain, au risque de mettre les fautifs en péril. Le self-government et les statuts spéciaux ravissent le démocrate. Ce dernier ne voit rien de mal à ce que chaque communauté urbaine, religieuse ou régionale ait ses leaders « naturels », ses écoles avec programmes adaptés, voire ses tribunaux et ses milices. Patchwork illégitime pour un républicain. »

Régis Debray : “Etes vous démocrate ou républicain?”

Chez Debray, comme chez Grégoire, la réalité de la “domination” disparaît sous des tournures langagières :

“pour … fondre tous les citoyens dans la masse nationale, simplifier le mécanisme & faciliter le jeu de la machine politique, il faut identité de langage.”

“La raison étant sa référence suprême, l’État en république est unitaire et par nature centralisé. Il unifie par-dessus … les patois…”

Que la “république française” n’était pas une démocratie avait déjà été clairement affirmé par les révolutionnaires :

« Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

Sieyès – Discours du 7 septembre 1789

La dernière partie de La domination française est un Traité politico-philosophique (en latin Tractatus politico-philosophicus) qui vise à exposer les bases d’une société démocratique, par opposition au système républicain français, qui peut être qualifié, quant à lui, d’oligarchie bourgeoise (c’est le point de vue marxiste – et communiste -, qui voulait remplacer cette oligarchie bourgeoise par une dictature du prolétariat).