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La domination française (Hoel)

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Qu'est-ce que le socialisme français ? (Hoel)

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J’accuse la France de « génocide culturel » en Bretagne, et j’accuse la plupart des élus bretons d’en être les complices.

1 – « On ne répand pas une langue par la force. »

2 – « memoria rerum veterum »

3 – « Tous les êtres humains naissent libres …  »

4 – « Du pacte social » : « établissement des principes de la liberté »

“Rousseau, a lover of freedom, was used in the French Revolution to build up a model of social oppression.”

Michel Foucault

« Rousseau, un amoureux de la liberté, fut utilisé lors de la Révolution française pour bâtir un modèle d’oppression sociale. »

His experience of French politics had taught him that whenever the enemy seeks control, he makes a point of using some oppressed element of the population as his lackeys and henchmen, rewarding them with special privileges, as a kind of sop.

Hannah Arendt [« his »/« son » renvoie à Bernard Lazare]

Son expérience de la politique française lui avait enseigné que chaque fois que l’ennemi cherche à dominer, il ne manque pas d’utiliser certains éléments opprimés de la population en tant que laquais et que sbires, les récompensant avec des privilèges spéciaux,  comme une sorte d’os à ronger.

“Ceterum libertas et speciosa nomina praetexuntur; nec quisquam alienum servitium et dominationem sibi concupivit ut non eadem ista vocabula usurparet.”

Cornelius Tacitus

« Mais en réalité, la liberté et les mots spécieux sont invoqués comme prétextes ; et de tous ceux qui désirent ardemment pour eux-mêmes la domination et l’asservissement des autres, il n’en est aucun qui ne fait usage de termes de ce genre. »

Paul Bert arrivant au Tonkin, afin d’ « atraire », lui aussi, les Annamites à nos croyances politiques, eut pour premier soin de faire afficher les Droits de l’Homme à Hanoï.

…toutes les puissances se sont plu à entourer de l’auréole d’une mission civilisatrice les violences de la conquête.

Léopold de Saussure – Psychologie de la Colonisation Française dans ses Rapports avec les Sociétés Indigènes

Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. […]

Jules Ferry

Il faut placer l’indigène en position de s’assimiler ou de disparaître.

Paul Bert

Bonjour,

si une quinzaine de députés m’ont répondu au moins une fois, seuls 2 députés, Messieurs Gaël Le Bohec et Paul Molac ont montré une réelle compréhension et une réelle sensibilité aux questions de DROITS CULTURELS. Les autres réponses de députés sont évasives, contradictoires, inconsistantes. Les questions que j’ai posées sont précises, ne pas y avoir répondu montre au mieux un grand embarras. Mes questions avaient pour but de vérifier la sincérité des députés car, au pays de Tartuffe, …

…l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle.

Molière – Dom Juan

Le gouvernement révolutionnaire mérite toute votre attention : qu’il soit détruit aujourd’hui, demain la liberté n’est plus. Il ne faut pas le calomnier, mais le rappeler à son principe, le simplifier, diminuer la foule innombrable de ses agens, les épurer surtout : il faut rendre la sécurité au peuple, mais non à ses ennemis. Il ne s’agit point d’entraver la justice du peuple par des formes nouvelles ; la loi pénale doit nécessairement avoir quelque chose de vague, parce que le caractère actuel des conspirateurs étant la dissimulation et l’hypocrisie, il faut que la justice puisse les saisir sous toutes les formes. Une seule manière de conspirer laissée impunie rendrait illusoire et compromettrait le salut de la patrie.

Robespierre

La liberté sans la vertu ne peut pas durer longtemps. Or, ici, les Français, et particulièrement les habitants de Paris, sont complètement corrompus.

Ἀδαμάντιος Κοραῆς (Coray)

« Il est de fait que tout ce qui s’appelle jacobin, montagnard, patriote, etc., est occupé chaque jour à composer les mensonges du lendemain. »

« Il ne faut pas oublier que le propre de la langue révolutionnaire est d’employer des mots connus, mais toujours en sens inverse ; et cela ne souffre point d’exception. »

« Nous ne sommes point dupes de votre langage : nous avons trop bien appris à le connaître. Dans votre bouche, aimez la liberté, aimez la constitution, aimez la république, tout cela ne signifie qu’une seule et même chose : aimez notre domination, et en conscience je ne crois pas que nous y soyons obligés. »

La Harpe – Du fanatisme dans la langue révolutionnaire

Les mots ! les mots ! On a brûlé au nom de la charité, on a guillotiné au nom de la fraternité. Sur le théâtre des choses humaines, l’affiche est presque toujours le contraire de la pièce.

Les masques à la longue collent à la peau. L’hypocrisie finit par être de bonne foi.

Edmond et Jules de Goncourt – Idées et sensations

Au pays de Tartuffe et des Jacobins, pour lesquels le mensonge et l’hypocrisie sont condiciones sine quibus non d’existence, tout le monde est pour les « Droits de l’homme », c’est là l’affiche, mais en réalité, quelle est la pièce jouée ?

« Paul Bert arrivant au Tonkin […] eut pour premier soin de faire afficher les Droits de l’Homme à Hanoï. ».

Il y a un second point que je dois aborder […] c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. […] Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. […]

Jules Ferry

« Il faut placer l’indigène en position de s’assimiler ou de disparaître. »

Paul Bert, ministre de l’instruction publique (1881), résident général de l’Annam et du Tonkin (1886).

(Carole Reynaud-Paligot – La République raciale)

« Mais la race intelligente entre toutes, celle qui envahit et tend à détruire ou à subjuguer les autres, c’est celle à laquelle nous appartenons, c’est la race blanche. »

Premières notions de zoologie, classe de huitième, éd. Masson, 1882

Voilà la pièce jouée, voilà ce que sont les « Droits de l’homme » à la française : « détruire », « subjuguer les autres ».

« ON NE RÉPAND PAS UNE LANGUE PAR LA FORCE »

« On ne répand pas une langue par la force : en imposant sa culture aux Slesvigois qu’elle s’est annexés par la violence, comme aux Polonais de Poznanie ou aux Lorrains de Metz, l’Allemagne se fait un tort moral dont elle ne mesure pas l’étendue. »

« L’Allemagne s’est annexé par la force des Polonais, des Danois et des Lorrains de langue française auxquels elle impose l’usage de la langue allemande, acte de violence qui va contre les principes démocratiques et contre lequel proteste le sentiment universel. »

« Tout impose au Français d’aujourd’hui l’usage du français commun. »

« Les parlers bretons, flamands ou provençaux, s’éliminent simplement. »

Antoine Meillet – Les langues dans l’Europe nouvelle (1918)

Je rappelle le titre du rapport de l’abbé Grégoire présenté à la Convention le 4 juin 1794 : Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française.

Il ne s’agit pas seulement d’imposer de force le français, il s’agit d’anéantir le basque, le breton, le corse, etc. Et si l’on souhaite anéantir ces langues c’est parce qu’on souhaite anéantir les identités de ces nations, on souhaite anéantir ces nations et faire disparaître (« suspendre ») leurs NOMS :

…pour effacer tous les prétextes et tous les malentendus, et pour ôter aux tyrans, à nos ennemis, une arme perfide, je demande la suspension du nom Français, à l’instar de ceux de Bourguignon, de Normand, de Gascon…

Anacharsis Clootz (guillotiné le 24 mars 1794) – Discours du 24 avril 1793

« Nous n’avons plus de provinces, & nous avons encore environ trente patois qui en rappellent les NOMS. »

« … les vraies dénominations prévaudront même parmi les ci-devant Basques & Bretons, à qui le gouvernement aura prodigué ses moyens : & sans pouvoir assigner l’époque fixe à laquelle ces idiômes auront entièrement disparu, on peut augurer qu’elle est prochaine. »

Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française

Vers une autre extrémité de la République est un peuple neuf quoique antique, un peuple pasteur et navigateur, qui ne fut jamais ni esclave ni maître, que César ne put vaincre au milieu de sa course triomphale dans les Gaules, que l’Espagne ne put atteindre au milieu de sa révolution, et que le despotisme de nos tyrans ne put soumettre au joug des intendans : je veux parler du peuple Basque ; il occupe l’extrémité des Pyrénées occidentales qui se jette dans l’Océan. Une langue sonore et imagée est regardée chez eux comme le sceau de leur origine et l’héritage transmis par leurs ancêtres. Mais ils ont des prêtres, et les prêtres se servent de leur idiome pour les fanatiser ; mais ils ignorent la langue française, la langue des lois de la République : il faut donc qu’ils l’apprennent…

[…]

Le fédéralisme et la superstition parlent breton ; l’émigration et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle l’italien ; et le fanatisme parle basque. Cassons ces instrumens de dommage et d’erreur !

Rapport sur les moyens de propager la langue française dans l’intérieur de la République, fait par Barrère au nom du comité de salut public. —

8 pluviose an 2 (27 janvier 1794)

« MEMORIA RERUM VETERUM »

Nescire autem quid ante quam natus sis acciderit, id est semper esse puerum. Quid enim est aetas hominis, nisi ea memoria rerum veterum cum superorum aetate contexitur?

Marcus Tullius Cicero – Orator ad M. Brutum

Ne pas savoir ce qui s’est déroulé avant que tu sois né, c’est être toujours un enfant. Qu’est-ce en effet que la vie d’un être humain, si elle n’est pas entrelacée avec la vie des ancêtres par la mémoire des choses anciennes ?

« Pour liquider les peuples, disait Hübl, on commence par leur enlever la mémoire. On détruit leurs livres, leur culture, leur histoire. Et quelqu’un d’autre leur écrit d’autres livres, leur donne une autre culture et leur invente une autre Histoire. Ensuite, le peuple commence lentement à oublier ce qu’il est et ce qu’il était. Le monde autour de lui l’oublie encore plus vite.

Et la langue ?

Pourquoi nous l’enlèverait-on ? Ce ne sera plus qu’un folklore qui mourra tôt ou tard de mort naturelle. »

Milan Kundera – Le livre du rire et de l’oubli

« On pourrait aussi « raconter » à l’infini, on a déjà commencé à le faire ici ou là, ce qu’on nous « racontait », justement, de l’« histoire de France », entendons par là ce qu’on enseignait à l’école sous le nom d’« histoire de France » : une discipline incroyable, une fable et une bible mais une doctrine d’endoctrinement quasiment ineffaçable pour des enfants de ma génération. Sans parler de la géographie : pas un mot sur l’Algérie, pas un seul sur son histoire et sur sa géographie, alors que nous pouvions dessiner les yeux fermés les côtes de Bretagne ou l’estuaire de la Gironde. Et nous devions connaître à fond, en gros et en détail, nous récitions en vérité par cœur le nom des chefs-lieux de tous les départements français, des plus petits affluents de la Seine, du Rhône, de la Loire ou de la Garonne, de leurs source et embouchure. »

Jackie Élie Derrida – Le monolinguisme de l’autre (1996)

Je trouve bouleversant qu’on ait appris à réciter « nos ancêtres les Gaulois », même quand on était né en Guyane.

Elisabeth Badinter – Le Nouvel Observateur

Quand on veut « liquider » un peuple, on cherche à lui « enlever la mémoire ». L’historien Frédéric Morvan a publié Bretagne, l’histoire confisquée. En voici la présentation par l’auteur :

« Cette enquête rend à la Bretagne et aux Bretons leur identité et leurs racines. Pourquoi ? Parce que les Bretons ne connaissent pas leur histoire. Hormis Du Guesclin, le roi Arthur avec la série Kaamelott et Anne de Bretagne, ce passé reste confisqué. Par qui et pourquoi ? »

L’histoire de la Bretagne reste interdite d’enseignement, seul le « roman national français » est autorisé et promu en vertu de l’idéologie jacobine selon laquelle seul le « peuple » français existe sur le « territoire de la république ».

Cette imposture est centrale dans l’entreprise de génocide culturel.

Enseigner l’histoire de la Bretagne, apprendre aux Bretons qui est La Houssaye et pourquoi il est venu prononcer cette phrase essentielle devant l’Assemblée nationale constituante le 8 janvier 1790 : LES CORPS ONT DES PRIVILÈGES, LES NATIONS ONT DES DROITS, cela change tout !

Enseigner aux Bretons ce que sont le colonialisme et l’impérialisme français, ce qu’est la « domination française » (cf. Saussure, Psychologie de la Colonisation Française dans ses Rapports avec les Sociétés Indigènes), comment elle fonctionne, comment elle met en œuvre le génocide culturel, cela change tout !

« TOUS LES ÊTRES HUMAINS NAISSENT LIBRES … »

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.

Déclaration universelle des droits de l’homme (1948)

Enseigner également aux Bretons ce que sont réellement les droits de l’homme, ce qu’est la liberté réelle, ce qu’est l’égalité réelle, cela change également tout !

Je reprends les passages de la Charte 08 des militants chinois et l’Universal Declaration on Cultural Diversity de l’Unesco :

“Charter 08 – Liu Xiaobo’s pro-democracy manifesto for China that led to his jailing

Human Rights: Human rights are not bestowed by a state; they are inherent rights enjoyed by every person [Les droits humains ne sont pas accordés par un État ; ce sont des droits inhérents dont jouit toute personne.] Guaranteeing human rights is both the most important objective of a government and the foundation of the legitimacy of its public authority; it is also the intrinsic requirement of the policy of “putting people first.” China’s successive political disasters have all been closely related to the disregard for human rights by the ruling establishment. People are the mainstay of a nation; a nation serves its people; government exists for the people.

Equality: The integrity, dignity, and freedom of every individual, regardless of social status, occupation, gender, economic circumstances, ethnicity, skin color, religion, or political belief, are equal. The principles of equality before the law for each and every person and equality in social, economic, cultural, and political rights [égalité en matière de droits sociaux, économiques, culturels et politiques] of all citizens must be implemented.”

1 – « Les droits humains ne sont pas accordés par un état ; ce sont des droits inhérents dont jouit toute personne. »

2 – « Egalité en matière de droits sociaux, économiques, culturels et politiques »

Le principe d’égalité implique l’égalité des droits culturels :

Les droits culturels sont partie intégrante des droits de l’homme, qui sont universels, indissociables et interdépendants. L’épanouissement d’une diversité créatrice exige la pleine réalisation des droits culturels, tels qu’ils sont définis à l’article 27 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et aux articles 13 et 15 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Toute personne doit ainsi pouvoir s’exprimer, créer et diffuser ses œuvres dans la langue de son choix et en particulier dans sa langue maternelle ; toute personne a le droit à une éducation et une formation de qualité qui respectent pleinement son identité culturelle ; toute personne doit pouvoir participer à la vie culturelle de son choix et exercer ses propres pratiques culturelles, dans les limites qu’impose le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.”

UNESCO – Universal Declaration on Cultural Diversity – Article 5

“Cultural rights are an integral part of human rights, which are universal, indivisible and interdependent. The flourishing of creative diversity requires the full implementation of cultural rights as defined in Article 27 of the Universal Declaration of Human Rights and in Articles 13 and 15 of the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights. All persons have therefore the right to express themselves and to create and disseminate their work in the language of their choice, and particularly in their mother tongue; all persons are entitled to quality education and training that fully respect their cultural identity; and all persons have the right to participate in the cultural life of their choice and conduct their own cultural practices, subject to respect for human rights and fundamental freedoms.”

On connoît les tentatives de la politique romaine pour universaliser sa langue : elle défendoit d’en employer d’autre pour haranguer les ambassadeurs étrangers, pour négocier avec eux…

Il faut qu’on ne puisse apprendre notre langue sans pomper nos principes.

Henri Grégoire – Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française (1794)

Guglielmo duca di Normandia, avendo acquistato il regno d’Inghilterra, per avvilir quelle genti mutò tutti gli ufficiali e diede agl’Inglesi nuove leggi in lingua normanda, affinché si conoscessero per sudditi d’altra natione e, con la novità delle leggi e della lingua, mutassero anco animo e pensiero.

Giovanni Botero – Della Ragion Di Stato (Venise, 1589)

Guillaume, duc de Normandie, ayant conquis le royaume d’Angleterre, pour humilier ces gens, changea tous les officiers et donna aux Anglais de nouvelles lois en langue normande, afin qu’ils se connussent comme sujets d’une autre nation et, qu’avec la nouveauté des lois et de la langue, ils modifiassent aussi leur esprit et leur pensée.

Imposer le français de force et interdire le breton, ce n’est pas respecter l’identité culturelle, c’est la détruire. Lorsque j’ai demandé à l’administration fiscale qu’elle s’adresse à moi en breton, voilà la réponse que j’ai reçue :

« En effet, je n’ai pas répondu à votre demande d’exonération des impôts locaux, au motif que les avis d’imposition n’étaient pas en langue bretonne, puisque la réponse vous a déjà été donnée l’année dernière pour l’impôt sur le revenu, à savoir que le dispositif légal ne le permet pas.

Malgré mes réponses des deux années précédentes, vous insistez pour relancer, à la période du dépôt de déclaration, votre revendication “identitaire”.

Ce marronnier pourrait être qualifié d’acharnement anti-fiscal.

Avec mes plates salutations. »

Gindre Yvan, Inspecteur principal

Larousse : « Identitaire »

– « Qui concerne l’identité, la singularité de quelqu’un, d’un groupe. »

– « Parfois péjoratif. Qui caractérise la revendication par une communauté de son identité menacée. »

Jamais Rome ne se donna la peine de faire la guerre aux langues des vaincus. Elle ne combattit ni l’ibérique, ni le punique, ni le phrygien, et pourtant ces langues disparurent. Aucune loi n’interdit à personne l’usage de l’idiome de ses pères. […] Il aurait été contraire à toutes les habitudes d’esprit des anciens qu’un vainqueur exigeât des vaincus de se transformer à son image.

Fustel de Coulanges – La Gaule romaine

« DU PACTE SOCIAL » : « ÉTABLISSEMENT DES PRINCIPES DE LA LIBERTÉ »

„Ὑπόθεσις μὲν οὖν τῆς δημοκρατικῆς πολιτείας ἐλευθερία· τοῦτο γὰρ λέγειν εἰώθασιν, ὡς ἐν μόνῃ τῇ πολιτείᾳ ταύτῃ μετέχοντας ἐλευθερίας, τούτου γὰρ στοχάζεσθαί φασι πᾶσαν δημοκρατίαν.“

Ἀριστοτέλης – Πολιτικά

« Le principe fondamental d’un régime politique démocratique est la liberté — c’est en effet ce qui est dit habituellement, du fait que c’est dans ce seul régime politique qu’on prend part à la liberté, car toute démocratie, dit-on, vise à cela. »

Aristote – Politiques

Puisqu’aucun homme n’a une autorité naturelle sur son semblable, & puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes.

Les clauses de ce contract sont tellement déterminées par la nature de l’acte, que la moindre modification les rendroit vaines & de nul effet ; en sorte que, bien qu’elles n’aient peut-être jamais été formellement énoncées, elles sont par-tout les mêmes, par-tout tacitement admises & reconnües ; jusqu’à ce que, le pacte social étant violé, chacun rentre alors dans ses premiers droits & reprenne sa liberté naturelle, en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il y renonça. »

Rousseau – Du contrat social

« Chacun selon son droit personnel et souverain »

“It has been thought a considerable advance towards establishing the principles of Freedom, to say, that government is a compact between those who govern and those who are governed: but this cannot be true, because it is putting the effect before the cause; for as man must have existed before governments existed, there necessarily was a time when governments did not exist, and consequently there could originally exist no governors to form such a compact with. The fact therefore must be, that the individuals themselves, each in his own personal and sovereign right, entered into a compact with each other to produce a government: and this is the only mode in which governments have a right to arise, and the only principle on which they have a right to exist.”

Thomas Paine – Rights of Man Being an Answer to Mr. Burke’s Attack on the French Revolution (Droits de l’homme ou Réponse à l’ouvrage de Monsieur Burke contre la révolution françoise)

« On a cru faire un grand pas vers l’établissement des principes de la liberté en disant que le gouvernement étoit un contrat entre les gouvernans et les gouvernés ; mais cela ne peut pas être vrai, ce seroit mettre l’effet avant la cause ; car comme les hommes ont dû exister avant les gouvernemens, il y eut certainement un temps où les gouvernemens n’existoient pas, et conséquemment il ne pouvoit pas dans l’origine des choses y avoir de gouverneurs pour former un pareil contrat. Il faut donc que les hommes eux-mêmes, chacun selon son droit personnel et souverain, se soient concertés les uns avec les autres, pour former un gouvernement ; et c’est la seule méthode par laquelle les gouvernemens ont droit de se former, et les seules bases sur lesquelles ils ont droit d’exister. »

« Une association légitime »

« Chacun de nous a le droit de stipuler, avant tout, les conditions auxquelles il veut s’associer ; car tout homme a certainement le droit de ne s’engager que comme il lui plait.

Il faut, pour suivre l’ordre naturel de l’organisation sociale, procéder antérieurement à toute loi constitutionnelle, à la rédaction d’un pacte social. Cet acte doit être intermédiaire entre la déclaration des droits, qui lui sert de base, et la constitution à laquelle il sert de barrière et de régulateur.

Faire une déclaration des droits de l’homme, telle que celle qui a été adoptée, c’est seulement reconnaître ces droits dans un écrit dont le texte, peu développé, se prête à toutes les interprétations. Faire un pacte social, au contraire, c’est passer un contrat authentique et synallagmatique, qui non-seulement rappelle, d’une manière claire et précise, les droits de toutes les parties contractantes, mais qui les garantit efficacement par des articles exprès et détaillés, qui trace les limites que la loi et la volonté future de la société ne pourront pas franchir.

C’est en quelque sorte la déclaration des droits mise en action, réduite en pratique.

Lorsqu’il n’existe qu’une vaine déclaration des droits, si la constitution ou les lois violent ces droits, il ne reste que la stérile ressource d’invoquer la raison, les principes ; on vous répond par de fausses interprétations, par des sophismes. La loi finit toujours par avoir raison contre les réclamants, tandis qu’un contrat social bien stipulé donne aux citoyens un titre réel et tout puissant que nulle autorité ne peut violer sans devenir évidemment oppressive, et provoquer la résistance commune et solidaire des associés. C’est dans cet acte que tous prennent l’engagement primitif de reconnaître l’unité de volonté dans la volonté du plus grand nombre des associés, avec la restriction cependant que cette volonté commune ne voudra pas, ou plutôt voudrait inutilement telle ou telle chose. Il ne lie que ceux qui le consentent en entier, ostensiblement par leur signature, ou tacitement par leur non-réclamation. Ceux qui réclament ne sont point engagés. Ils ont droit de quitter la société avec leurs biens, pourvu que ce ne soit pas pour entrer en état de guerre avec elle ; ils ne peuvent être obligés par le vœu de la majorité qu’autant qu’ils auront antérieurement, et une première fois, consenti à l’être.

Le plus grand publiciste de nos jours a dit : « Tout homme a le droit inné de ne s’engager et de ne s’obliger envers les autres que de son consentement.

Il ne peut s’établir entre des membres contractants que des relations fondées sur un acte libre de la volonté de chacun.

Une association légitime ne peut avoir d’autre base que la volonté des associés. »

Isnard – Discours sur la constitution (11 mai 1793)

« Les conventions »

« Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maitre, s’il ne transforme sa force en droit & l’obéïssance en devoir. De-là le droit du plus fort ; droit pris ironiquement en apparence, & réellement établi en principe : Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot ? La force est une puissance phisique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c’est tout au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?

Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu’il n’en résulte qu’un galimathias inexplicable. Car sitôt que c’est la force qui fait le droit, l’effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la premiere succéde à son droit. Sitôt qu’on peut désobéir impunément on le peut légitimement, & puisque le plus fort a toujours raison, il ne s’agit que de faire en sorte qu’on soit le plus fort. Or qu’est-ce qu’un droit qui périt quand la force cesse ? S’il faut obéir par force on n’a pas besoin d’obéir par devoir, & si l’on n’est plus forcé d’obéir on n’y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n’ajoûte rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout. […]

Puisqu’aucun homme n’a une autorité naturelle sur son semblable, & puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes. […]

Renoncer à sa liberté c’est renoncer à sa qualité d’homme, aux droits de l’humanité, même à ses devoirs. Il n’y a nul dédommagement possible pour quiconque renonce à tout. Une telle renonciation est incompatible avec la nature de l’homme, & c’est ôter toute moralité à ses actions que d’ôter toute liberté à sa volonté. »

Rousseau – Du contrat social

« Le contrat social »

« Je suppose les hommes parvenus à ce point où les obstacles qui nuisent à leur conservation dans l’état de nature, l’emportent par leur résistance sur les forces que chaque individu peut employer pour se maintenir dans cet état. Alors cet état primitif ne peut plus subsister, & le genre humain périroit s’il ne changeoit sa maniere d’être.

Or comme les hommes ne peuvent engendrer de nouvelles forces, mais seulement unir & diriger celles qui existent, ils n’ont plus d’autre moyen pour se conserver, que de former par aggrégation une somme de forces qui puisse l’emporter sur la résistance, de les mettre en jeu par un seul mobile & de les faire agir de concert.

Cette somme de forces ne peut naitre que du concours de plusieurs : mais la force & la liberté de chaque homme étant les premiers instrumens de sa conservation, comment les engagera-t-il sans se nuire, & sans négliger les soins qu’il se doit ? Cette difficulté ramenée à mon sujet peut s’énoncer en ces termes.

« Trouver une forme d’association qui défende & protege de toute la force commune la personne & les biens de chaque associé, & par laquelle chacun s’unissant à tous n’obéisse pourtant qu’à lui-même & reste aussi libre qu’auparavant ? » Tel est le problême fondamental dont le contract social donne la solution.

Les clauses de ce contract sont tellement déterminées par la nature de l’acte, que la moindre modification les rendroit vaines & de nul effet ; en sorte que, bien qu’elles n’aient peut-être jamais été formellement énoncées, elles sont par-tout les mêmes, par-tout tacitement admises & reconnües ; jusqu’à ce que, le pacte social étant violé, chacun rentre alors dans ses premiers droits & reprenne sa liberté naturelle, en perdant la liberté conventionnelle pour laquelle il y renonça. »

Rousseau – Du contrat social

« l’association civile est l’acte du monde le plus volontaire »

…tout homme étant né libre & maitre de lui-même, nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu.

« Il n’y a qu’une seule loi qui par sa nature exige un consentement unanime. C’est le pacte social : car l’association civile est l’acte du monde le plus volontaire ; tout homme étant né libre & maitre de lui-même, nul ne peut, sous quelque prétexte que ce puisse être, l’assujettir sans son aveu. Décider que le fils d’une esclave nait esclave, c’est décider qu’il ne nait pas homme. »

Rousseau – Du contrat social

Bien à vous,

Hoel