“IDEOLOGIE IDENTITAIRE ANTIREPUBLICAINE”

HOEL

La domination française (Hoel)

Sur Amazon.fr

Sur Amazon.com

Qu'est-ce que le socialisme français ? (Hoel)

Sur Amazon.fr

Sur Amazon.com


« La corruption des gouvernemens a sa source dans l’excès de leur pouvoir et dans leur indépendance du souverain. »

« Ils ont fastueusement proclamé la souveraineté du peuple, et ils l’ont enchaîné »

Robespierre – Discours sur la Constitution (10 mai 1793)


II ne suffit point de décréter les droits de l’homme, il se pourra qu’un tyran se lève et s’arme même de ces droits contre le peuple ; et celui de tous les peuples le plus opprimé serait celui qui, par une tyrannie pleine de douceur, le serait au nom de ses propres droits. Sous une tyrannie aussi sainte, le peuple n’oserait plus rien sans crainte pour sa liberté. Le crime adroit s’érigerait en une sorte de religion, et les fripons seraient dans l’arche sacrée. […]

La liberté ne doit pas être dans un livre ; elle doit être dans le peuple, et réduite en pratique. »

Saint-Just (24 avril 1793)


                              Assujettir à des formes légales la résistance à l’oppression est le dernier raffinement de la tyrannie… Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection du peuple entier et de chaque portion du peuple est le plus saint des devoirs.

Robespierre


A monsieur Alexis Corbière, du Front de Gauche.

Bonjour,

J’ai entendu votre propos à l’assemblée nationale française dans lequel vous parlez d’une “idéologie identitaire antirépublicaine”.

J’ai aussi écouté votre débat sur Robespierre, le vertueux terroriste, qui voulait, entre autres, que l’armée française exécute les prisonniers anglais, chose à laquelle l’armée renâclait, ce dont Robespierre lui faisait reproche. Que n’aurait pas fait Robespierre, l’un des élaborateurs de l’idéologie jacobine, pour sauver la France !!

Vous êtes un défenseur de l’idéologie jacobine. A ma connaissance, il n’existe aucun livre français contemporain sérieux sur l’idéologie jacobine. C’est pourtant l’idéologie officieuse de l’Etat français. Mais c’est précisément parce que c’est une idéologie officieuse, officieuse parce qu’honteuse, que les Français n’écrivent pas de livres sur elle !

Vous parlez d’« idéologie identitaire », mais l’idéologie jacobine est précisément une « idéologie identitaire », suprématiste et exclusiviste, selon laquelle seule l’identité française, et seule la langue française, ont le droit d’exister, la langue française et l’identité française étant élevées au rang de « langue universelle » et d’ « identité universelle ».

Les révolutionnaires de 1789, autant Mirabeau que Robespierre (et les Danton, Barrère, Grégoire, etc. etc.), ont décidé la destruction des « identités non françaises », parmi lesquelles l’ « identité bretonne », une identité « nationale ».

La destruction d’une identité « nationale » s’appelle un « génocide culturel ». Depuis la révolution de 1789, la France cherche à faire disparaître l’identité (nationale) bretonne.

Le colonialisme français pratiquera à peu près partout où la France a instauré sa domination la même politique de « génocide culturel ». On enseignait à des Asiatiques et à des Africains qu’ils avaient pour ancêtres des Gaulois !!

Les jacobins sont maîtres en l’art de manipuler les mots, mais leur idéologie ne résiste pas à un examen philosophique.

Vous ne devez pas ignorer que les révolutionnaires ont mis deux philosophes, Voltaire et Rousseau, dans leur panthéon. Vous ne devez pas ignorer non plus que Rousseau est l’auteur du Contrat social.

Mais où se trouve le « contrat social », seul fondement d’un système démocratique, dans l’idéologie jacobine ? Nulle part.

L’idéologie jacobine ne repose pas sur l’idée de « contrat social », elle ne repose sur aucune idée démocratique, elle est une  petite série de diktats (enrobés dans  une rhétorique vide dans laquelle le mot « république » suffit pour tout justifier) visant à imposer, par la force et la ruse, la domination « française ». La royauté française a instauré sa domination sur la Bretagne, les révolutionnaires de 1789 l’ont fait, officiellement, disparaître.

J’ai consacré deux livres à ces sujets : La domination française et Qu’est-ce que le socialisme français ? (disponible sur Amazon)

Les jacobins font partie des régimes politiques à avoir dans leur curriculum la mort d’un philosophe, en l’occurrence Condorcet (lui-même un jacobin, d’ailleurs, mais dantoniste), qui écrivait à propos de Robespierre :

« Robespierre prêche, Robespierre censure ; il est furieux, grave, mélancolique, exalté à froid, suivi dans ses pensées et dans sa conduite ; il tonne contre les riches et les grands, il vit de peu, et ne connaît pas les besoins physiques. Il n’a qu’une mission, c’est de parler, et il parle presque toujours. Il a tous les caractères, non pas d’un chef de religion, mais d’un chef de secte.  Il s’est fait une réputation d’austérité qui vise jusqu’à la sainteté. Il monte sur les bancs, il parle de Dieu et de la Providence, il se dit l’ami des pauvres et des faibles, et il se fait suivre par les femmes et les pauvres d’esprit, il reçoit gravement leurs adorations et leurs hommages. Robespierre est un prêtre et ne sera jamais que cela. »

Et voici Robespierre, à propos de …. Condorcet (quelques jours après sa mort !) :

« Hommes petits et vains, rougissez, s’il est possible ! Les prodiges qui ont immortalisé cette époque de l’histoire humaine ont été opérés sans vous et malgré vous ; le bon sens sans intrigue et le génie sans instruction ont porté la France à ce degré d’élévation qui épouvante votre bassesse et qui écrase votre nullité ! Tel artisan s’est montré habile dans la connaissance des droits de l’homme, quand tel faiseur de livres, presque républicain en 1788, défendait stupidement la cause des rois en l793 ; tel laboureur répandait la lumière de la philosophie dans les campagnes, quand l’académicien Condorcet, jadis grand géomètre, dit-on, au jugement des littérateurs, et grand littérateur, au dire des géomètres, depuis conspirateur timide, méprisé de tous les partis, travaillait sans cesse à l’obscurcir par le perfide fatras de ses  rapsodies mercenaires. »

La « connaissance des droits de l’homme » ?

Quelques jours avant la mort de Robespierre a été votée la loi du 2 Thermidor an II, instaurant une peine de 6 mois de prison et la destitution pour tout fonctionnaire, etc. utilisant une autre langue que le français :

Article 3 : Tout fonctionnaire ou officier public, tout agent du Gouvernement qui, à dater du jour de la publication de la présente loi, dressera, écrira ou souscrira, dans l’exercice de ses fonctions, des procès-verbaux, jugements, contrats ou autres actes généralement quelconques conçus en idiomes ou langues autres que la française, sera traduit devant le tribunal de police correctionnelle de sa résidence, condamné à six mois d’emprisonnement, et destitué.

Loi toujours en vigueur et sur laquelle repose la politique linguistique de l’Etat français.

Et vous parlez de « droits de l’homme » ? Et vous parlez de « liberté » ? Et vous parlez d’« égalité » ?

Le régime des Khmers Rouges avait instauré une politique linguistique similaire (au nom de l’égalité).

C’était aussi la politique linguistique du général Franco, qui avait rendu l’utilisation publique du basque illégale (seul le castillan était officiellement autorisé). Durant la dictature de Franco, c’est uniquement dans des écoles immersives basques clandestines (les ikastolak) qu’on pouvait enseigner le basque et en basque. Les ikastolak antirépublicaines ?!

L’idéologie jacobine est exposée dans le Rapport sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser l’usage de la langue française (1794) de l’abbé Grégoire, dans lequel on peut lire :

« Nous n’avons plus de provinces, & nous avons encore environ trente patois qui en rappellent les NOMS. »

« …les vraies dénominations prévaudront même parmi les ci-devant Basques & Bretons, à qui le gouvernement aura prodigué ses moyens : & sans pouvoir assigner l’époque fixe à laquelle ces idiômes auront entièrement disparu, on peut augurer qu’elle est prochaine. »

Il s’agit d’ « anéantir » toute identité non française, jusqu’à en faire disparaître les NOMS. C’est l’un des dogmes centraux du jacobinisme.

« Souvent, en pensant aux écrivains les plus illustres qui ont éclairé la France, dont ils ont fait la gloire, je me suis consolé de la persécution que j’éprouve, par l’idée, bien propre à m’enorgueillir de mes malheurs, que s’ils avaient été mes contemporains, ils auraient éprouvé le même sort. Comme nous, s’ils n’eussent pas émigré sur quelque terre hospitalière où la vertu jouit en paix d’une honnête liberté, Montesquieu, J. J. Rousseau, Mably, eussent été condamnés à mort ; ils eussent péri tous sur l’échafaud, aux grands applaudissements de la populace de Paris ; et bientôt toute la France hébétée n’eût pas manqué de répéter que Montesquieu, J. J. Rousseau, Mably, étaient des contre-révolutionnaires, des agents des puissances étrangères, des fédéralistes, des royalistes, des traîtres. »

Buzot

Rousseau était fédéraliste, le mot « fédéralisme » venant d’un mot latin, foedus – foederis, signifiant « traité », « alliance entre peuples », « convention », soit une des formes du Contrat social.

La présence de Rousseau dans un panthéon jacobin est une imposture.

Hoel